Le rôle de l’expert bâtiment reste fondamental dans l’appréciation des pathologies et la restauration des constructions conventionnelles mais impérieux pour les monuments remarquables.👇
Le quotidien de l’expertise
Au travers de notre métier, nous sommes, dans la principale majorité des cas, appelés à intervenir dans des habitations et constructions réputées modernes ou encore traditionnelles. Nos acquis techniques pour ces ouvrages « habituels » sont ainsi soumis à un automatisme et nous avons développé nos réflexes constructifs pour remédier aux dégradations causées par un sinistre.
Cependant, qu’en est -il de ces automatismes face à un ouvrage cultuel et culturel souffrant d’un sinistre, et, qui pourrait être protégé au titre des monuments historiques (classé ou inscrit) ?
Attitude post sinistre
Lors de notre expertise, nous devons garder à l’esprit que l’ouvrage visité a été édifié suivant les cas il y a plusieurs siècles. Les méthodes employées étaient bien différentes de celles mises en œuvre depuis le 19ème siècle. Les matériaux quant à eux ne sont plus dans la « fleur de l’âge » et méritent une attention particulière lors de leurs restaurations.
Il convient donc de s’intéresser à l’année d’édification (souvent inscrite sur un panneau d’information devant le parvis) et des travaux de restauration antérieurement réalisés afin de définir hypothétiquement les matériaux employés. Cela permettra de rester fidèle à l’ouvrage originel et de proposer des solutions adéquates mais aussi pertinentes dans le choix des méthodes et des matériaux à employer. Cela restera fortement apprécié par le maître d’ouvrage et témoignera de notre compétence affirmée auprès de nos différents mandants.
Les questions à se poser
On s’attardera dans un premier temps à s’interroger si le bâtiment cultuel fait l’objet d’un classement ou d’une inscription (tous les édifices cultuels n’y sont pas forcément sujets). Cette information conditionnera non seulement nos préconisations, les délais d’instruction et de réalisation, mais surtout de définir le plus justement possible l’évaluation du coût des dommages. La liste de ces constructions protégées au titre des monuments historiques est consultable sur le site : https://data.culture.gouv.fr.
Dans un second temps, on s’attardera sur les matériaux détériorés et à restaurer. Dans l’exemple d’un dégât d’eau affectant les embellissements, il faudra veiller à l’identification de la nature des peintures qui, pour la plupart des cas, est au plomb. Bien que l’utilisation de peinture au plomb soit interdite en France depuis 1949 pour les bâtiments résidentiels et lieux publics, les monuments historiques bénéficient d’une dérogation mais qui reste largement encadrée et réglementée. La conservation de ce matériau constitutif présente un haut intérêt patrimonial et le recours à un matériau de substitution risquerait de mettre en cause l’identité architecturale du bâtiment à l’occasion des restaurations et, de ce fait, l’intérêt d’art ou d’histoire qui a justifié la protection au titre des monuments historiques.
Dans cet intérêt de préservation du patrimoine, toutes les entreprises du bâtiment ne disposent pas des appétences pour intervenir sur ces sites classés ou inscrits. Une liste d’artisans certifiés et référencés est accessible sur le site : www.culture.gouv.fr/thematiques/conservation-restauration/acteurs-et-formations/les-acteurs-professionnels qui pourront alors être consultés pour satisfaire les recommandations et contraintes.
Frédéric Cali – Expert généraliste, Polyexpert, Metz

Bio express de Frédéric Cali
- Formation : économiste de la construction
- Entrée dans le Groupe : mars 2018
- Fonction : expert généraliste titulaire du TEA.
- À titre personnel goût pour : la musique, l’immobilier et les voyages
